Vous êtes ici : Accueil > Mes conseils > Arthrose du genou ou de la hanche : l'ostéopathie peut-elle vraiment réduire la douleur ?

Arthrose du genou ou de la hanche : l'ostéopathie peut-elle vraiment réduire la douleur ?

10/08/2026
Arthrose du genou ou de la hanche : l'ostéopathie peut-elle vraiment réduire la douleur ?
L'ostéopathie réduit la douleur et améliore la mobilité du genou et de la hanche arthrosique chez le senior — sans médicaments

Près de 10 millions de Français sont touchés par l'arthrose selon l'INSERM, et 65 % des personnes de plus de 65 ans vivent avec cette maladie au quotidien. Dans l'enquête INSERM menée auprès de 2 100 répondants entre avril et mai 2024, plus de 60 % des patients arthrosiques décrivent des douleurs qui les gênent à la fois le jour et la nuit, perturbant le sommeil, limitant les déplacements et fragilisant l'autonomie. Plus de 80 % d'entre eux ont identifié des facteurs déclencheurs spécifiques à leur douleur — ce qui renforce l'intérêt d'une prise en charge personnalisée et d'exercices d'auto-entretien ciblés sur ces déclencheurs. Face à cette réalité, beaucoup de seniors oscillent entre résignation et faux espoirs, confondant « soulager » et « guérir » une pathologie pourtant irréversible. Alors, l'ostéopathie pour l'arthrose du genou ou de la hanche chez le senior constitue-t-elle une solution crédible ? Sarah Rokia, ostéopathe à Aix-en-Provence, accompagne régulièrement des patients arthrosiques et apporte ici une réponse honnête : oui, sur la douleur et la mobilité — non, sur la régénération du cartilage.

Ce qu'il faut retenir
  • L'ostéopathie ne régénère pas le cartilage détruit, mais elle réduit concrètement la douleur et améliore la mobilité articulaire en levant les compensations posturales et les tensions musculaires péri-articulaires — avec un premier résultat mesurable en 1 à 4 séances (techniques myotensives).
  • Les techniques utilisées chez le senior arthrosique sont exclusivement douces (mobilisations passives lentes, pompages articulaires, techniques myotensives, protocoles Kaltenborn-Evjenth) — les manipulations à haute vélocité sont inadaptées, voire contre-indiquées, en particulier en cas d'ostéoporose ou de traitement anticoagulant.
  • La radiographie standard (et non l'IRM ou le scanner) est l'examen de référence pour évaluer le stade de l'arthrose : pensez à apporter vos clichés récents dès la première consultation ostéopathique.
  • L'ostéopathie seule ne suffit pas : les recommandations internationales (OARSI, EULAR, SFR) préconisent une approche multimodale combinant ostéopathie, kinésithérapie, exercices d'auto-entretien quotidiens et suivi rhumatologique — la combinaison thérapie manuelle + exercices actifs étant la plus efficace sur le long terme.

Ce que l'arthrose fait réellement à votre genou ou votre hanche

Un cartilage qui s'autodétruit progressivement

Le cartilage joue le rôle de coussin naturel entre les os : il absorbe les chocs et permet aux surfaces articulaires de glisser sans friction. Avec l'âge, ou sous l'effet de facteurs mécaniques, métaboliques ou hormonaux, ce cartilage s'amincit progressivement, se fissure, puis finit par disparaître. Les cellules du cartilage — les chondrocytes — subissent alors une prolifération anormale et produisent des enzymes qui dégradent le collagène. L'os sous-chondral se sclérose, des excroissances osseuses appelées ostéophytes apparaissent, et la membrane synoviale s'enflamme.

Le résultat est concret et douloureux : les os se retrouvent à nu, frottent entre eux, provoquant raideurs et inflammation. La gonarthrose (arthrose du genou) touche 30 % des personnes entre 65 et 75 ans. La coxarthrose (arthrose de la hanche) concerne environ 10 % de cette même tranche d'âge. Les symptômes sont caractéristiques : douleur de type mécanique qui s'aggrave à l'effort, à la montée des escaliers ou en station debout prolongée, raideurs matinales, crépitements articulaires. Dans le cas de la hanche, la douleur se manifeste typiquement dans l'aine et irradie parfois vers la fesse ou la face interne de la cuisse. La radiographie standard est d'ailleurs l'examen de référence pour diagnostiquer et évaluer le stade de la maladie (et non l'IRM, l'échographie ou le scanner) : c'est elle qui permet de visualiser le rétrécissement de l'interligne articulaire, les ostéophytes et la sclérose sous-chondrale.

Des facteurs de risque à ne pas sous-estimer, notamment chez la femme

Certains facteurs de risque aggravent significativement l'arthrose et méritent d'être identifiés. La composante génétique pèse lourd : selon les études épidémiologiques, 30 à 65 % du risque d'arthrose serait d'origine génétique. Chez la femme senior, la ménopause constitue un facteur d'aggravation direct — la baisse des œstrogènes fragilise le cartilage. Les anomalies métaboliques associées (diabète, syndrome métabolique, obésité) ne sont pas de simples cofacteurs secondaires : ce sont des accélérateurs documentés de la dégradation articulaire. Pour une femme ménopausée souffrant d'arthrose de hanche ou de genou, un suivi rhumatologique est particulièrement recommandé afin d'évaluer la progression radiologique et d'adapter le traitement médicamenteux en conséquence.

Des compensations en chaîne qui dépassent l'articulation touchée

L'arthrose ne se limite jamais à l'articulation malade. Imaginez un patient dont le genou droit est arthrosique : pour éviter la douleur, il modifie inconsciemment sa façon de marcher. Cette boiterie compensatrice surcharge alors la hanche opposée, le bas du dos, voire la cheville. Ces compensations posturales s'installent progressivement et génèrent de nouvelles douleurs, parfois à distance de l'articulation d'origine.

La coxarthrose bilatérale, présente dans 40 % des cas, perturbe profondément l'équilibre et la marche, amplifiant le risque de chutes — une complication particulièrement redoutée chez le senior. Au-delà du corps, l'impact psychosocial est réel et documenté : la Société Française de Rhumatologie souligne que si la douleur arthrosique n'est pas traitée, elle peut entraîner dépression, chutes et isolement social. Les sorties se raréfient, les relations s'amenuisent par peur de « ne pas suivre », et un cercle vicieux s'installe entre douleur, immobilité et repli sur soi.

Conseil : Pour réduire le risque de chutes lié à l'arthrose, des exercices d'équilibre simples peuvent être pratiqués quotidiennement à domicile : se tenir sur un pied (en s'appuyant au mur si nécessaire), marcher talon-pointe le long d'un couloir, ou pratiquer le tai-chi. Ces exercices améliorent significativement la stabilité et peuvent être prescrits directement par votre ostéopathe spécialisé dans l'accompagnement des seniors, en complément d'un programme de kinésithérapie.

Ostéopathie et arthrose du genou ou de la hanche : les limites à connaître

Ce que l'ostéopathie ne peut pas faire

La transparence est essentielle. L'ostéopathie ne régénère pas le cartilage détruit. L'arthrose est une maladie irréversible, et aucune technique manuelle ne peut inverser ce processus. En cas de poussée inflammatoire aiguë — articulation chaude, gonflée, très douloureuse — l'ostéopathie est contre-indiquée. Ces crises se traitent d'abord avec les anti-inflammatoires prescrits par le médecin. L'ostéopathe intervient uniquement en dehors de ces phases aiguës, lorsque l'inflammation est calme.

Par ailleurs, l'ostéopathie ne remplace ni le suivi rhumatologique, ni la surveillance radiologique de l'évolution de la maladie. Toute suspicion de fracture, de rupture ligamentaire ou de lésion méniscale instable nécessite des examens d'imagerie et un avis médical prioritaire.

Des précautions spécifiques liées à l'âge du patient

L'ostéopathie chez le senior nécessite des précautions particulières liées aux pathologies fréquemment associées. En cas d'ostéoporose associée (fréquente dans cette tranche d'âge), les techniques sont encore plus douces et progressives, en évitant absolument les mobilisations forcées susceptibles de fragiliser des os déminéralisés. En cas de traitement anticoagulant, les techniques à forte pression ou à effet de cisaillement sont exclues pour éviter tout risque d'hématome. Enfin, en présence d'un cancer actif avec métastases osseuses, les manipulations structurelles constituent une contre-indication absolue — seules des techniques exclusivement douces sont possibles, en coordination étroite avec l'équipe oncologique.

Le contexte médicamenteux et chirurgical à connaître

Pour bien situer la place de l'ostéopathie, quelques repères sont utiles. Le traitement médicamenteux de première intention de l'arthrose est le paracétamol (palier 1), les AINS n'étant envisagés qu'en cas d'échec. La HAS a conclu en 2013 que la chondroïtine, la glucosamine et la diacéréine « n'ont pas de place dans la stratégie thérapeutique » de l'arthrose. Quant à la prothèse totale de genou ou de hanche, son efficacité est estimée à environ 15 ans — ce qui pose un enjeu majeur pour les patients opérés relativement jeunes, et justifie d'autant plus le recours à des approches non invasives pour retarder l'intervention chirurgicale aussi longtemps que possible.

À noter : Pensez à apporter vos radiographies récentes lors de votre première consultation ostéopathique. La radiographie standard — et non l'IRM ou le scanner — est le document de référence qui permettra à l'ostéopathe d'évaluer précisément le stade de votre arthrose (rétrécissement de l'interligne articulaire, présence d'ostéophytes, sclérose sous-chondrale) et d'adapter ses techniques en conséquence.

Les leviers d'action réels de l'ostéopathie sur l'arthrose senior

Si l'ostéopathie ne guérit pas l'arthrose, elle dispose en revanche de leviers d'action concrets et documentés. Son traitement permet de récupérer une certaine déformabilité des articulations et des tissus enraidis. Concrètement, l'ostéopathe agit sur les tensions musculaires péri-articulaires qui majorent la compression et la douleur, restaure la mobilité articulaire résiduelle en levant les blocages, et corrige les déséquilibres posturaux du bassin, de la cheville ou du rachis lombaire qui génèrent une hyperpression chronique sur l'articulation malade.

L'approche est toujours globale. Pour un genou arthrosique, l'ostéopathe traitera non seulement l'articulation elle-même, mais aussi la hanche, la cheville et éventuellement les lombaires, afin que les appuis soient corrects et la pression mieux répartie. En corrigeant cet équilibre articulaire, l'ostéopathie peut contribuer à ralentir la progression de l'arthrose en réduisant les contraintes mécaniques anormales sur le cartilage résiduel.

Les recommandations internationales de l'OARSI (25 recommandations sur la gonarthrose et la coxarthrose) et de l'EULAR (recommandations conjointes genou/hanche 2013) soulignent pourtant que les approches non pharmacologiques — dont la thérapie manuelle — restent systématiquement sous-utilisées en pratique, au profit des médicaments et de la chirurgie. Le Dr Yves-Marie Pers (CHU de Montpellier, congrès SFR) a insisté sur la nécessité de « battre en brèche la vision assez négative » des approches non médicamenteuses : la peur de la douleur aggravée par l'activité physique et la crainte de retarder la chirurgie « ne correspondent pas aux données scientifiques actuelles ».

Des techniques douces spécifiquement adaptées au patient senior arthrosique

Face à une articulation arthrosique, les manipulations structurelles directes à haute vélocité — les fameux « trusts » qui font craquer — sont inadaptées, voire contre-indiquées. L'ostéopathe recourt à des techniques douces et progressives :

  • Mobilisations articulaires passives lentes (grades I et II de Maitland) : l'articulation est mobilisée en amplitude progressive, sans jamais aller en butée, pour entretenir la mobilité résiduelle sans forcer.
  • Pompages articulaires : mobilisations rythmiques en traction douce et légère compression alternée, stimulant la nutrition du cartilage résiduel par le liquide synovial.
  • Techniques myotensives (Fred Mitchell) : le patient effectue une contraction musculaire isométrique douce, suivie d'un relâchement passif, pour détendre les muscles posturaux contracturés.
  • Travail fascial (myofascial) : restaure les plans de glissement entre les structures et réduit les douleurs référées à distance.
  • Technique de Jones (Strain-Counterstrain) : soulage les points gâchettes péri-articulaires en positionnant le muscle en raccourcissement maximal.
  • Protocoles Kaltenborn-Evjenth : approche systématique fondée sur la biomécanique articulaire fine, permettant un travail précis de traction et de glissement des surfaces articulaires pour restaurer les mouvements accessoires perdus en cas d'arthrose — mouvements que les mobilisations classiques ne permettent pas toujours de récupérer.
  • Traitement Ostéopathique Général (TOG, Littlejohn) : approche globale sans manipulation à haute vélocité, considérée comme la plus sécurisée pour le senior.

La séance dure généralement entre 45 minutes et une heure, pour permettre un travail progressif sans fatiguer un organisme plus fragile. Après le soin, une légère sensibilité musculaire pendant 24 à 48 heures est normale et sans gravité.

Résultats attendus : patience et régularité

L'ostéopathie n'apporte pas de résultat immédiat dans le cadre d'une pathologie chronique. Les bénéfices sont progressifs : réduction de la douleur perçue, amélioration des amplitudes de mouvement, meilleure qualité de marche, moins de compensations posturales. Pour les techniques myotensives, il faut généralement 1 à 4 séances pour un premier résultat mesurable.

Le suivi est pensé sur le long terme : des séances d'entretien tous les 2 à 3 mois permettent de maintenir les acquis et de prévenir l'aggravation des compensations. Un point crucial : plus l'intervention est précoce — avant la destruction totale du cartilage — plus les leviers d'action sont nombreux. Concrètement, une fois la destruction complète du cartilage atteinte (stade 4 radiologique, interligne articulaire effacé), les leviers d'action manuels sont quasi nuls. N'attendez pas le stade chirurgical pour consulter.

En revanche, après la pose d'une prothèse totale de hanche ou de genou, l'ostéopathie peut reprendre sa place en post-opératoire — en complément de la kinésithérapie — pour travailler sur les muscles et les cicatrices péri-prothétiques et limiter les compensations posturales délétères. Les manipulations structurelles directes sur le matériel prothétique restent toutefois strictement exclues.

Exemple concret : Madeleine Carvallo, 71 ans, retraitée à Aix-en-Provence, souffrait d'une gonarthrose du genou gauche diagnostiquée au stade 2 radiologique. Ses douleurs la réveillaient la nuit et elle avait renoncé à ses promenades dans le parc Jourdan. Après une première séance d'ostéopathie centrée sur le relâchement des tensions du quadriceps et des ischio-jambiers, la correction d'un déséquilibre de bassin et un travail de mobilisation passive du genou, Madeleine a ressenti une amélioration notable de sa raideur matinale dès la deuxième semaine. Trois séances plus tard, espacées de trois semaines, elle a pu reprendre ses promenades quotidiennes de 30 minutes, en complément des exercices de renforcement du quadriceps prescrits par sa kinésithérapeute et d'un programme d'équilibre réalisé à domicile (marche talon-pointe et appui unipodal). Aujourd'hui, elle consulte en entretien tous les deux mois et demi pour stabiliser ses acquis.

Un résultat durable passe par une prise en charge globale de l'arthrose

L'indispensable complémentarité ostéopathie et kinésithérapie

L'ostéopathie seule ne suffit pas. Les recommandations internationales récentes (OARSI, EULAR, SFR) sont unanimes : l'approche la plus efficace de l'arthrose est multimodale, combinant plusieurs disciplines. La kinésithérapie est indispensable pour renforcer les muscles péri-articulaires — quadriceps et mollets pour le genou, fessiers et rotateurs pour la hanche — qui protègent l'articulation en compensant la faiblesse du cartilage. Selon les études disponibles, les exercices physiques d'auto-entretien pratiqués régulièrement semblent avoir un effet plus important que la thérapie manuelle seule sur la coxarthrose, mais la combinaison des deux approches reste la plus pertinente. Cette donnée justifie concrètement pourquoi l'ostéopathie seule — sans programme d'exercices actifs à domicile — ne suffit pas à pérenniser les résultats sur le long terme.

Activité physique adaptée, suivi médical et hygiène de vie

Le suivi rhumatologique reste nécessaire pour les poussées inflammatoires, les infiltrations éventuelles et la surveillance radiologique. L'hydrothérapie constitue un allié précieux : l'activité en piscine entretient la mobilité et renforce les muscles sans solliciter excessivement les articulations, grâce à la décharge du poids du corps dans l'eau. La marche, le vélo et la natation sont également recommandés. Car l'immobilité est contre-productive : elle aggrave l'arthrose en privant le cartilage résiduel de sa nutrition par le liquide synovial.

Les mesures hygiéno-diététiques complètent le dispositif. Chaque kilo perdu réduit mécaniquement les contraintes sur les articulations portantes. Une alimentation riche en oméga-3, fruits et légumes contribue à limiter les phénomènes inflammatoires. Les exercices d'auto-entretien prescrits par l'ostéopathe — étirements, mobilisations douces, travail de proprioception — sont indispensables entre les séances pour maximiser et pérenniser les résultats.

À noter : Le Dr Yves-Marie Pers (CHU de Montpellier) rappelle que la peur de la douleur aggravée par l'activité physique est l'un des principaux freins à la prise en charge non médicamenteuse de l'arthrose. Or, cette crainte ne correspond pas aux données scientifiques actuelles. L'activité physique adaptée — pratiquée régulièrement et de manière encadrée — protège l'articulation bien plus qu'elle ne l'abîme. N'hésitez pas à en discuter avec votre ostéopathe et votre kinésithérapeute pour construire un programme adapté à votre niveau et à vos facteurs déclencheurs de douleur.

Si vous souffrez d'arthrose du genou ou de la hanche et cherchez une alternative naturelle aux antidouleurs à Aix-en-Provence, Sarah Rokia vous accueille dans son cabinet pour une prise en charge adaptée à votre situation. Grâce à une approche globale et personnalisée, elle évalue l'ensemble de votre posture et de vos chaînes musculaires avant d'appliquer des techniques douces respectueuses de votre corps. Son objectif : soulager vos douleurs, restaurer votre mobilité et vous aider à retrouver confort et autonomie au quotidien, en coordination avec votre médecin et votre kinésithérapeute. N'attendez pas que la douleur vous isole — une prise en charge ostéopathique précoce et coordonnée peut significativement améliorer votre qualité de vie.