Près d'une femme enceinte sur cinq souffre de douleurs au niveau du pubis pendant sa grossesse, une réalité pourtant souvent minimisée, voire confondue avec d'autres maux de la grossesse. Ces douleurs, regroupées sous le terme de pubalgie obstétricale, peuvent transformer chaque pas, chaque nuit et chaque mouvement du quotidien en véritable épreuve. Face à cette situation, les solutions médicales classiques restent limitées et les futures mamans se sentent parfois démunies. Sarah Rokia, ostéopathe spécialisée dans l'accompagnement des femmes enceintes à Aix-en-Provence, accompagne régulièrement des patientes confrontées à ces douleurs pelviennes grâce à une approche manuelle douce et adaptée. Comprendre ce qu'est la pubalgie de grossesse, savoir la reconnaître et découvrir comment l'ostéopathie peut agir concrètement : voici ce que cet article vous propose d'explorer.
La symphyse pubienne est une articulation fibro-cartilagineuse située à l'avant du bassin, reliant les deux os iliaques (gauche et droit). En temps normal, elle est stabilisée par un réseau de ligaments puissants qui limitent sa mobilité à environ 2 mm. Pendant la grossesse, le corps produit une hormone appelée relaxine, dont le rôle est d'assouplir les ligaments du bassin pour préparer le passage du bébé lors de l'accouchement.
Le problème, c'est que cette laxité ligamentaire fragilise aussi la stabilité de la symphyse. Lorsque l'écart entre les deux os pubiens reste inférieur à 9 mm, on parle de diastasis physiologique, considéré comme normal. Au-delà de 10 mm de séparation, le diastasis devient pathologique et les douleurs s'installent. On parle alors de pubalgie obstétricale, également désignée sous les termes médicaux de « dysfonction de la symphyse pubienne » (SPD) ou de « syndrome de Lacomme ». Point important : le degré de séparation mesuré par imagerie n'est pas corrélé à la gravité des symptômes — une femme peut présenter un diastasis de 8 mm et souffrir intensément, tandis qu'une autre à 11 mm sera peu gênée (source : NCBI/PubMed).
Mais la relaxine n'est pas la seule responsable. Au fil des mois, le ventre qui grossit déplace le centre de gravité vers l'avant, provoquant une hyperlordose lombaire compensatoire. Les abdominaux, qui se relâchent progressivement, ne parviennent plus à contrebalancer la tension exercée par les adducteurs, qui eux se crispent en réaction. Ce réflexe de défense musculaire est en réalité contre-productif : la contraction simultanée des adducteurs, des abdominaux et des stabilisateurs bas augmente les forces de traction exercées sur la symphyse et amplifie l'inflammation. C'est précisément ce phénomène qui explique pourquoi la douleur finit par s'installer au repos et perturbe le sommeil — pas uniquement lors des mouvements — et pourquoi la pubalgie non prise en charge tend à s'aggraver de semaine en semaine. Ajoutez la prise de poids et la réduction de mobilité, et vous obtenez un cocktail mécanique propice à l'inflammation chronique.
Contrairement à une idée reçue tenace, la pubalgie obstétricale ne touche pas principalement les femmes ayant déjà eu plusieurs grossesses : 60 % des cas concernent des primipares (première grossesse). Par ailleurs, 85 % des diastasis de la symphyse pubienne surviennent chez des femmes âgées de 25 à 35 ans, avec un pic d'incidence à 29 ans. Ces données permettent à toute future maman de s'identifier comme profil potentiellement à risque, y compris dès sa première grossesse.
Trois facteurs de risque spécifiques prédisposent par ailleurs à la pubalgie de grossesse : une inégalité de longueur des membres inférieurs (une jambe plus courte que l'autre, même de quelques millimètres), une hyperlordose lombaire préexistante avant la grossesse, et un niveau d'activité physique faible avant la conception (tonus musculaire de stabilisation du bassin insuffisant). À l'inverse, les femmes ayant un bon tonus pelvien pré-grossesse sont nettement moins exposées — un argument en faveur d'une consultation ostéopathique préventive avant même la conception.
???? À noter : si vous prévoyez une grossesse et que vous présentez l'un de ces facteurs de risque (jambe légèrement plus courte, lordose marquée, sédentarité), un bilan ostéopathique préconceptionnel peut permettre de rééquilibrer votre bassin et de renforcer les structures de soutien avant même le début de la grossesse. Mieux vaut prévenir que subir.
La pubalgie de grossesse se manifeste par une douleur localisée au pubis, qui peut irradier vers l'intérieur des cuisses, le périnée, les fesses et le bas du dos. Les femmes décrivent souvent des sensations de brûlures, de décharges électriques, de pesanteur, ou encore un gonflement douloureux au toucher — comme un « gros bleu » sur l'os pubien.
Ce qui rend cette douleur particulièrement handicapante, c'est son aggravation systématique lors des gestes du quotidien : marcher, monter ou descendre les escaliers, se retourner dans le lit, écarter les jambes pour entrer dans une voiture, passer de la position assise à debout, tousser ou éternuer. Lorsque l'inflammation s'installe, les douleurs surviennent même au repos et perturbent le sommeil.
Un signe clinique visible permet de suspecter une atteinte de la symphyse : la démarche en canard, avec les hanches ouvertes et les pieds écartés. Cette adaptation posturale inconsciente vise à répartir les charges, mais elle finit par sursolliciter d'autres articulations et peut provoquer des lombalgies supplémentaires.
???? Exemple concret : Amandine Ferrier, 28 ans, enceinte de son premier enfant, a consulté Sarah Rokia au cabinet d'Aix-en-Provence à 30 semaines de grossesse. Depuis trois semaines, elle ressentait une douleur vive au pubis en se retournant dans le lit la nuit, en montant les escaliers de son immeuble (2e étage sans ascenseur), et en entrant dans sa voiture pour aller travailler. Son médecin lui avait prescrit du paracétamol, qui ne la soulageait que partiellement et temporairement. Dès la première séance d'ostéopathie, un rééquilibrage du bassin et un relâchement des adducteurs ont permis une réduction significative de la douleur. Après deux séances espacées de dix jours, Amandine a pu reprendre ses déplacements quotidiens sans gêne majeure et a retrouvé un sommeil continu.
Toutes les douleurs pelviennes de la grossesse ne sont pas des pubalgies. La distinction est importante pour adopter la bonne prise en charge. Contrairement à la lombalgie, qui se manifeste dans le bas du dos et s'aggrave lors de la flexion du tronc ou de la station assise prolongée, la pubalgie provoque une douleur frontale — au niveau du pubis, de l'aine et de l'intérieur des cuisses — qui empire lors de l'écartement des jambes.
Face à une sciatique, la différence est également nette : la pubalgie ne s'accompagne d'aucune perte de force ni d'engourdissement dans les membres inférieurs, contrairement à une compression nerveuse. Par ailleurs, la pubalgie n'est pas un signe d'accouchement imminent. Toutefois, si les douleurs s'accompagnent de contractions régulières, une consultation urgente chez la sage-femme ou le gynécologue s'impose pour écarter une menace d'accouchement prématuré.
En matière de diagnostic, aucune imagerie n'est obligatoire pour confirmer une pubalgie dans la majorité des cas : le diagnostic est clinique, posé sur la base de l'examen physique et des symptômes décrits par la patiente. Si un diastasis pathologique est suspecté, l'échographie est l'examen de référence à privilégier pendant la grossesse (et non la radiologie, qui expose le fœtus aux rayonnements ionisants).
Un point essentiel mérite d'être souligné : une douleur soudaine, sévère ou inhabituelle au niveau du bassin doit toujours conduire à consulter un professionnel de santé. Il peut s'agir d'une grossesse extra-utérine, d'une infection urinaire ou d'une autre pathologie nécessitant une prise en charge médicale rapide. Enfin, rassurez-vous : la pubalgie ne contre-indique pas l'accouchement par voie basse, qui représente près de 70 % des accouchements en France. Il suffit d'informer l'équipe médicale pour adapter les positions le jour J.
???? À noter : la durée prévisible de la pubalgie est un élément clé pour se projeter. Lorsqu'elle apparaît au 3e trimestre, la pubalgie dure en général environ 3 mois avant de disparaître spontanément après l'accouchement. En revanche, dans les formes non traitées ou devenues chroniques, elle peut persister jusqu'à 1 an après la naissance. Pendant l'allaitement, la production hormonale reste élevée avec des effets proches de la relaxine, ce qui peut prolonger la laxité ligamentaire et entretenir les douleurs pelviennes bien au-delà de l'accouchement. Une prise en charge précoce réduit considérablement ce risque de chronicisation.
Là où le paracétamol — seul antalgique véritablement autorisé pendant la grossesse — se contente de masquer la douleur, l'ostéopathie agit sur les déséquilibres mécaniques à l'origine de la pubalgie. Il faut d'ailleurs rappeler que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, ibuprofène…) sont formellement contre-indiqués à partir du 6e mois de grossesse, ce qui limite encore davantage l'arsenal médicamenteux disponible. Dans les cas de pubalgie sévère et invalidante, un arrêt de travail peut être prescrit par le médecin traitant, mais celui-ci ne traite évidemment pas la cause. L'ostéopathe intervient donc à plusieurs niveaux lors d'une séance dédiée à cette problématique.
Le travail commence par un rééquilibrage des os iliaques, en corrigeant les asymétries de charge sur le bassin et les dysfonctions lombo-pelviennes. L'ostéopathe procède ensuite à une décompression de la symphyse pubienne à l'aide de techniques tissulaires douces, non intrusives et non douloureuses. Les adducteurs et les abdominaux en spasme réactionnel sont relâchés afin de réduire les forces de traction qui s'exercent sur l'articulation.
L'approche ne s'arrête pas à la zone douloureuse. Le plancher pelvien, les ligaments utérins et les structures viscérales du petit bassin font également l'objet d'un travail spécifique, à l'aide de techniques viscérales adaptées à la grossesse. L'ostéopathe peut également travailler sur les pressions exercées par le bébé sur le petit bassin et donc sur la symphyse pubienne, à l'aide de techniques tissulaires douces et non invasives. L'objectif est de libérer les contraintes exercées sur le bébé pour favoriser son positionnement optimal en vue de l'accouchement. Une séance spécifique de préparation ostéopathique à l'accouchement peut d'ailleurs être réalisée en fin de grossesse pour anticiper les douleurs pubiennes pendant le travail.
Une analyse posturale globale — rachis lombaire, sacro-iliaques, hanches, genoux, pieds — permet de détecter et de traiter les tensions à distance qui entretiennent le problème. C'est cette vision holistique, sans médicament et sans danger pour le bébé, qui fait la force de l'ostéopathie face à une pathologie pour laquelle la médecine classique reste souvent démunie.
L'idéal est de ne pas attendre que la douleur devienne invalidante. Un suivi ostéopathique peut être initié dès le premier trimestre, en prévention, surtout si vous avez déjà eu une grossesse rapprochée, une scoliose ou un déséquilibre postural connu. Il est également essentiel de savoir que les symptômes de dysfonction symphysaire peuvent réapparaître à chaque grossesse ultérieure (source : GPnotebook). Ce risque de récidive renforce l'intérêt d'un suivi ostéopathique préventif dès le premier trimestre de chaque grossesse — et pas seulement lors d'une grossesse rapprochée — afin de vérifier l'équilibre du bassin et d'anticiper l'apparition de la douleur.
Si la pubalgie est déjà installée, consultez sans tarder : plus l'inflammation persiste, plus le traitement sera long. En général, 1 à 3 séances suffisent selon l'intensité de la douleur et son ancienneté. Chaque séance dure entre 45 minutes et 1 heure, incluant un bilan complet et le traitement. En suivi de confort, une séance par trimestre peut être envisagée.
Les résultats attendus sont concrets : soulagement des douleurs, amélioration de la mobilité, meilleure qualité de vie en fin de grossesse, et préparation optimale à l'accouchement. Après la naissance, un suivi en post-partum permet de traiter les douleurs persistantes et d'optimiser les résultats de la rééducation périnéale. Pendant l'allaitement en particulier, la production hormonale reste élevée avec des effets proches de la relaxine, ce qui peut maintenir une laxité ligamentaire et des douleurs pelviennes résiduelles. Les séances d'ostéopathie post-partum sont donc particulièrement indiquées pour rééquilibrer la zone pelvienne avant ou pendant la rééducation périnéale. L'ostéopathie ne remplace pas la rééducation périnéale réalisée par une sage-femme ou un kinésithérapeute, mais elle en optimise les résultats en levant les restrictions mécaniques du bassin en amont.
???? Conseil : même si vos douleurs disparaissent après l'accouchement, pensez à programmer une séance ostéopathique post-partum dans les 6 à 8 semaines suivant la naissance, et avant de commencer la rééducation périnéale. Cela permet de lever d'éventuelles tensions résiduelles au niveau du bassin et d'offrir un terrain mécanique optimal pour la rééducation.
En complément des séances d'ostéopathie, certains gestes simples peuvent considérablement réduire l'inconfort au quotidien :
Si vous êtes enceinte et que vous ressentez des douleurs au pubis, à Aix-en-Provence ou dans ses environs, Sarah Rokia vous accueille dans son cabinet pour un accompagnement ostéopathique personnalisé. Grâce à une approche globale, bienveillante et adaptée à chaque trimestre de la grossesse, elle vous aide à retrouver confort et mobilité, tout en préparant votre corps à l'accouchement. N'attendez pas que la douleur s'installe durablement : une prise en charge précoce de la pubalgie pendant la grossesse par l'ostéopathie fait toute la différence. Prenez rendez-vous dès les premiers signes, ou même en prévention dès le premier trimestre, pour vivre votre grossesse avec sérénité.